samedi 30 mai 2009

Tofu et Compagnie

En cherchant un livre de cuisine hier soir, j'ai découvert que je possède deux exemplaires d'un ouvrage de référence incontournable : Le dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien-nantis (Pierre Desproges). De vraies perles de sagesse là-dedans. Je vous le conseille. Je me suis dit d'ailleurs que j'allais commencer mon propre dictionnaire.

Première entrée-
STM: Acronyme exclamatif utilisé à la place de "Sacrament d'Tabernac d'Métro" Employé principalement à Montréal le matin et le soir aux heures de pointe par des milliers d'innocents qui pensent pouvoir compter sur les transports en commun pour se déplacer.

Après avoir perdu une bonne heure à rigoler en lisant le dictionnaire de Desproges, j'ai finalement trouvé le maudit livre de recettes, acheté l'année dernière et soigneusement ignoré depuis. Rien que le titre me donne envie de me faire une poutine: "Tofu et compagnie." C'est débile comme titre. On sait tous que quand y'a du tofu, y'a pas de compagnie.

J'aime pas le tofu mais là, plus le choix, ordre du docteur. Il m'a fortement conseillé de laisser tomber la viande pour privilégier soupes de légumes et bouillons. En été ? l'enfoiré !

Il parait que c'est la rate. Quand il m'a annoncé ça, je lui ai demandé si elle se dilate, il m'a regardé le regard aussi vide que celui d'un hamster. Encore un qui s'est fait retirer le sens de l'humour au laser en même temps que sa cataracte. Il a aussi insisté sur les légumes racines alors je me suis mise au tofu.

Deuxième entrée:
Tofu: (n.m.) Bloc de protéines rappelant vaguement la polystyrène expansé. On le trouve en versions molle, ferme ou extra-ferme. Assez étonnamment, aucune de ces versions n'est meilleure que l'autre, on se demande vraiment pourquoi ils se fatiguent. Le tofu est prétendument fait à base de soja alors que tout le monde sait que ces enfoirés chez Monsanto ont tellement bidouillé le maïs transgénique que c'est devenu du tofu qui pousse tout prêt, comme ça, en petits blocs moches.

J'ai cherché ce livre de recettes un moment car la dernière fois que je l'avais vu il était rangé entre les œuvres complètes de Woody Allen (ma mère me lisait ça quand j'étais jeune, ce qui expliquerait certaines choses, je suppose) et le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort, un très gros pavé qui résume toute la philosophie bouddhiste. Enfin, si on considère 553 pages comme un résumé. Si vous l'avez pas lu, c'est pas grave, je vais vous faire ça vite fait : quand tout va bien, souriez béatement et faites vous nourrir par le voisin. Quand ça chie, empruntez le zippo du même voisin et immolez-vous par le feu. Tout comme le chirurgien s'habille en vert pour que les taches de sang soient moins effrayantes, le moine bouddhiste se vêt d'orange pour faire ton sur ton avec les flammes.

Bref, j'en étais à vous narrer mes premières tentatives avec le tofu. J'ai pas vraiment une recette spécifique à vous transmettre car, après une dizaine d'essais, je n'ai pu que confirmer que c'est vraiment pas intéressant. Seuls conseils : coupez le très très fin, genre papier à cigarettes, faites le mariner longtemps, cuisez le à peine à feu très fort. Et puis sortez au restaurant.....

NB: Je tiens à m'excuser auprès des membres de ma famille que je n'ai pas écorchés cette semaine. Rassurez-vous, je mettrai les bouchées doubles la prochaine fois.

dimanche 17 mai 2009

Mon fils m'a tuer

Non, y'a pas de fautes dans le titre, je sais encore accorder mon participe passé. Certains auront compris la référence, pour les autres voyez l'affaire Omar Raddad. Non pas Omar Khadr ni Amir Khadir. Aïe!

J'ai passé plusieurs rubriques à exorciser les démons du passé et prouver à tous que mon frère, ma soeur et moi sommes des modèles de résilience avec tout ce que nos parents nous ont fait vivre. Notamment cette manie de nous nourrir, nous éduquer et tenter de nous inculquer des règles de savoir-vivre qui font que maintenant on est trois petits cochons en santé, capable de se lever le matin pour aller travailler sans éprouver l'envie irrésistible de rincer nos chaussettes dans une fontaine publique nus comme des vers et défoncés au Sharpie.

Ma soeur et moi avons poussé le sens de l'adaptation jusqu'à nous reproduire et nous sommes rentrées dans le club des "momans", surtout ma soeur. Quel que soit le jour de la semaine ou l'heure de la journée, elle est toujours en train de discuter avec une copine (mama), d'aller a une réunion de copines (mama) ou de faire des bouillies (mama), chercher les meilleures couches bio sur internet, ou encore d'échanger des trucs d'éco-anxieuse avec sa copine Marika l'Allumée. Yuk! J'ai appris à rester loin des odeurs de vomis, cacas et autre rots parfumés à la purée de carottes. Ma période no-sex-in-the-city est passée et ça ne me dit rien de la revivre par procuration. Et puis j'aime pas les enfants des autres. Ils sont souvent vilains, mal élevés et toujours en train de chouiner. Le mien il est beau, mange ses glaces sans mettre une seule goutte sur son t-shirt, dit bonjour et merci (quand je le lui rappelle) et il fait la cuisine avec sa maman. Mais de temps en temps, il me tue. C'est que les enfants, c'est très fort pour traumatiser leurs parents... Je ne parle pas des disparitions de 30 secondes dans un magasin où notre coeur s'arrête de battre pour ce qui semble être une éternité. Ni même des vols planés au dessus du vélo qui nous figent sur place à se demander si c'est le bras ou les dents qui ont cédé sous le choc. Non, je parle des petites phrases assassines assénées sans prévenir.

Samedi après-midi de pluie, on se fait des muffins aux canneberges. La veille, j'ai mis à tremper des canneberges séchées dans du thé parfumé à la mangue et à la pêche, faut que ça reste toute la nuit au frigo. Je les draîne une heure avant de faire les muffins. On prépare le mélange à muffin. Ben oui, c'est du mélange en boite mais c'est sans gluten! C'est le problème des intolérances alimentaires, on peut vraiment pas manger n'importe quoi. Chez le médecin, ça me prend un sacré moment de remplir un dossier. Dans la rubrique "allergies" je commence toujours par écrire "ex-mari", les autres intolérances sont moins tragiques et j'ai toujours espoir d'un jour pouvoir m'en débarrasser. Au début, quand j'achetais de ce mélange à muffin (marque Glutino), c'était marqué "fait en Israel" maintenant c'est fait en Allemagne, l'ironie du sort...

On met les canneberges dans le mélange et on touille bien. Finalement, le plus dur c'est de mélanger le tout. Matt a des bras de petit garçon de 5 ans alors que je suis costaude. Je tiens ça de ma mère, elle a l'air de rien comme ça mais cette femme a la puissance de portage d'un déménageur du clan Panneton. Faut dire qu'elle a de la pratique. On a déménagé plus de 30 fois ces 39 dernières années. Papa croit qu'il est dans l'armée.

Pour en revenir aux muffins, l'étape suivante c'est de mettre la pâte dans les petits moules de couleurs. Matt travaille par couleurs. Parait que ça les rend meilleurs. Et puis on les met au four jusqu'à ce qu'ils soient dorés. Alors, vous me direz, pourquoi pas les faire au chocolat? Franchement, la canneberge.... Ben c'est bon pour plein de choses la canneberge. Le chocolat aussi, je sais. En y regardant bien, chaque aliment est bon pour quelque chose. En revanche, j'attends encore le légume qui rend moins con, j'en connais qui pourrait se le prendre en intraveineuse.

Le soir même, en mâchouillant pensivement son muffin, mon fils me regarde et me dit:
- Maman tu peux m'expliquer quelque chose?
- Oui mon chéri (prière silencieuse de la mère pour qu'on n'en soit pas déjà rendu aux questionnements sur la mort, le sexe ou "pourquoi le monsieur il est pauvre?")

- Je veux que tu m'expliques une chose que tu as faites qui était vraiment drôle.
- Ahhhhhh.....
Et là je me suis mise à réfléchir intensément. Pendant que ma vie défilait à l'envers devant mes yeux, ma descendance me regardait, le sourcil de plus en plus froncé. Il devait se demander pourquoi une réponse simple met autant de temps à être répondue. Les secondes s'égrènant, mon angoisse existentielle montait. Alors, mignon, il a précisé:

- Quelque chose de MARRANT que tu as faites...
-... on dit "fait" chéri (ça va me faire gagner du temps ça).
Tristement, je n'ai trouvé rien de mieux que de lui dire que la chose drôle à laquelle je pouvais penser c'est l'équipe d'aviron de mon université. Il a pris l'air consterné, alors je lui ai dit: "Euh, non en fait c'est quand on regarde Bolt tous les deux, çà c'est drôle." Il a secoué lentement la tête et, se servant d'une réplique du dit film (vous avez pas vu Bolt ? non ? mais louez le c'est trop dément), il a déclaré tranquillement: "Now I'm concerned on a number of levels". A-ssa-ssi-née!

mardi 28 avril 2009

Le plus fort c'est mon père

Maman en a marre que je me serve de ses recettes pour ces chroniques. Elle dit qu'elle n'est pas la seule responsable pour mes piètres talents culinaires. Je ne suis pas entièrement d'accord avec cette affirmation. Papa fait très bien la cuisine. Bon, il ne sait faire que deux recettes, mais elles sont délicieuses. C'est pas la quantité qui compte, franchement. Il est vrai qu'au bout d'un moment on peut avoir envie d'autre chose que du poulet aux 40 gousses d'ail et du tian aux légumes... mais c'est toujours mieux qu'un oeuf dur, non?

C'est pourtant pas l'inspiration qui devrait lui manquer vu le nombre de livres de cuisine qu'on lui offre à chaque Noel et anniversaires. Il a tout Jamie Oliver, Nigella, Martha, Josée, bref toutes les stars de la télé. En fait, c'est peut être parce qu'il voudrait faire de la télé plus que de la cuisine...

Ces derniers temps pourtant on a pas beaucoup mangé de poulet ni de tian. La faute au BBQ. Vous savez, cette grosse boite en acier qui ressemble vaguement à une voiture sans roues. Je suis toujours étonnée de la taille de ces engins. Paraît que c'est un truc d'hommes. Pourtant il est bien connu que c'est pas la taille qui compte... un adage qui ne tiendrai pas en matière de cuisine à l'extérieur. En tout cas, ça fait un moment que le BBQ est inopératif et pas à cause de l'hiver.

Ça a commencé à la fin de l'été dernier. Rétrospectivement (un bien grand mot pour dire qu'on a pas vu venir un truc qui pourtant était aussi subtil qu'une vache dans un couloir), je réalise qu'il se sert de la bonbonne vide comme excuse pour ne pas faire à manger. "Vous voulez du saumon au BBQ? Dommage, j'ai plus de gaz." "Un poulet au BBQ? Ah... la bonbonne est vide!" Éventuellement en laissant la bonbonne vide dehors pendant deux hivers elle a fini par avoir l'air d'avoir fait la guerre et il est impossible de la changer pour une remplie. Un comble pour un homme qui tentait de m'inculquer les bases de l'ordre et du rangement à 3 ans en me racontant des histoires de sa fabrication sur un petit papillon qui manquait brûler dans l'incendie du nid familial car il avait pas rangé ses ailes correctement avant d'aller se coucher. Inutile de vous dire je ne vais jamais voir les papillons au Jardin Botanique, ça me fait trop mal au coeur.

Au premier beaux jours de la semaine dernière, le BBQ semblait donc, contre toute attente, enfin rendue là où mon géniteur le voulait: hors service, mort, inutilisable, foutu, pourri, bon à jeter. J'appelle ça du sabotage incrémental: si ça l'emmerde, il ne s'en débarasse pas d'un coup, non non non, il laisse pourrir. C'est son M.O., sa signature toute personnelle qui finit par couter cher d'ailleurs. Vouz voulez d'autres exemples? Notre première ET dernière piscine: maison de vacances dans le Sud de la France pourvue d'une piscine neuve qui n'avait jamais le bon PH. Elle tournait verte au deuxième jour de l'été et on finissait par découvrir toute une faune et une flore aquatique introuvable dans la région. Assez étrangement, lorsque j'y ai passé un été seule, je me suis baignée tous les jours sans problèmes.... Autre maison, autre pays, et ... un spa: Jamais le bon PH non plus et jamais la bonne température. Le spa était inutilisable en moins d'un mois.

Je soupçonne que mon cher père se frottait les mains mentalement en se félicitant de son bon coup mais c'était sans compter sur la tenacité assortie d'une certaine paresse culinaire de ma mère et moi. On aime avoir du monde à diner et se débrouiller pour que quelqu'un d'autre cuisine. La fin de semaine dernière j'invite donc une copine, mes vieux en profitent pour inviter d'autres amis et nous voilà chez Métro (ah oui, j'oubliais, on boycotte le groupe Loblaws donc on va chez Métro. Vous devriez le faire aussi: http://stephaniebaron.blogspot.com/) à se regarder bêtement en demandant de concert: "qu'est-ce qu'on fait à manger?" En fait la question c'est surtout QUI va faire à manger. Je m'empresse de désigner le perdant de ce petit jeu: "Ben si on faisait du poulet au BBQ et un tian?" Et tac! Et que répond mon vieux? "Un poulet au BBQ? ah mais la bonbonne est vide!" "T'inquiètes, je m'en charge!" répond ma mère avec son air de "ça va faire de nous prendre pour des nouilles." Quelques heures plus tard, usant de son charme naturel à peine rehaussé par un lifting aux fils d'or, des pommettes en silicone, quelques injections de botox et des centaines de dollars de crèmes de beauté, elle réussit à échanger la vieille bonbonne de gaz pour une flambant neuve PLEINE. Eh eh eh.

Je me suis donc dit que le poulet et le tian, on les tenait! C'était sans compter sans la résilience du paternel. Il foutu le feu au maudit BBQ. Soi-disant sans faire exprès.... Il avait mis le poulet (avec ses 40 gousses d'ail) dans un plat en pyrex. Forcément, quand au bout de 30min de cuisson, il a arrosé la bête avec du bouillon (ben pour que ça soit pas mortellement sec..), le plat a explosé et le BBQ a pris feu. J'aurai pu lui dire qu'un plat en pyrex, il faut rien y mettre dedans quand la cuisson est commencé. Je sais de quoi je parle, j'en ai fait explosé un pas plus tard que le mois dernier.

En voyant la colonne de feu qui se dégageait du BBQ (ben si, avec l'arrivée de gaz ça a fait SWOOOOSH et c'est monté tout droit comme aurait fait un énorme jet d'eau) plusieurs choses me sont venues à l'esprit, dans l'ordre:

- Wow, trop cool! Heureusement que je me suis réveillée de ma sieste, j'ai failli louper ça!
- Comment il a fait pour foutre le feu?
- Il boit en cachette et il a laché la canette sur le BBQ!
- C'est le jour où on apprend que le vieux est alcoolique, misère...
- Est-ce que les flammes vont toucher la maison?
- Où est mon fils?
- Ah, devant la télé, faut qu'il voie ça...
- Est-ce qu'ils sont toujours assurés chez Desjardins?
- Tiens, j'ai oublié d'appeller l'assurance pour mon renouvellement...
- Ça prendrait combien de temps aux pompiers pour venir jusqu'ici?
- Les pompiers de Bromont sont surement pas aussi cutes que ceux de Paris...
- Merde, qu'est-ce qu'on va manger ce soir?
- Ah ben y'a toujours le tian...
Ce n'est que très tard que m'est enfin venue à l'esprit l'idée de chercher l'extincteur. On peut vraiment compter sur moi en cas d'urgence.

Le poulet a été miraculeusement sauvé des décombres du BBQ mais finalement on a tous capitulé. Lynda Lemay a raison: le plus fort c'est mon père. J'y demanderai plus jamais de faire du BBQ.

vendredi 24 avril 2009

Souper de filles: chili-caipirinha!

Comme vous l'avez vu dans ma dernière recette, j'ai une vision de la cuisine qui gagne à ne pas être connue: les temps de cuisson et les mesures c'est pour les frileux! Je suis allergique à ce que Daniel Pinard appelle les "stratégies d'obéissance." Mais pour tous ceux qui aime être trainé à l'aveuglette, je persisterai avec un repas vraiment complet cette fois.

Deux fois par mois, on largue nos mômes et nos chums et on mange des trucs super épicés pour justifier de se descendre de concert une bonne dose d'alcool fort. Vous me direz, un souper de filles on sait comment ça finit.... Les hommes pensent qu'on fait des batailles d'oreillers en sous-vêtements sexy et les femmes savent qu' immanquablement il y aura une comparaison de nos derniers régimes, de ce que font les enfants (oh! y est-y cute!) et, suivant les âges et situations familiales respectives, des échanges d'impression sur nos vies sexuelles (je suis la seule divorcée, donc la seule qui parlerait bien de sexe à nouveau, mais les autres ne savent plus ce que c'est alors je la mets en sourdine, hé hé hé).

Ce soir c'est chez moi. Hier, j'ai achète de la salsa, des chips au jalapeno, des chips de mais bleu, et le guacamole mortel de Valmont (sur Mont Royal). Tout le monde croit que je le fais moi même car ils reste des gros morceaux d'avocat dedans. Attention! La cachaça pour les caipirinhas, il faut s'y prendre à l'avance car ce n'est pas toutes les SAQ qui en ont. Si vous n'en trouvez pas, utilisez du rhum (brun par pitié, pas cette cochonnerie de Bacardi) et ça vous fera des Caipirissima. c'est pas grave, c'est bon aussi.

Le matin, je fais revenir de l'ail finement haché dans très peu d'huile d'olive et j'y balance à peu près 150g/personne de boeuf haché et à peu près 400gr de veau pour courronner le tout. Poivre, PAS de sel. Arrêtez avec le sel déjà!

Une fois que c'est presque bien cuit, je mets le tout dans la mijoteuse, rajoute des haricots rouges (au moins 2 boites) et une boite de tomates concassées (sans aucun additif, pas avec ces horreurs d'épices soi-disant italiennes). Je mets une tonne de chili, du cayenne et du tabasco et je laisse cuire au moins 6hrs. J'ai des amis qui font leur poudre de chili eux-mêmes, personnellement je me vois mal courir tout Montréal pour trouver des piments Ancho et du paprika Hongrois. J'en connais même qui colle de la Sriracha dedans (vous savez, ce chili thailandais dans la grosse bouteille avec le capuchon vert, qu'on trouve dans tous les restos asiatiques). Là, ça me pose un vrai problème. Géopolitiquement, ça n'a aucun sens de coller des épices thaï dans du chili con carne. Par pitié!

Au fur et à mesure de la journée, je vais ajuster les épices et il m'arrive de rajouter des tomates ou des haricots aussi. J'ai une "vision" de ce que doit être le chili: Suivant la quantité de viande il faut qu'il y ait une quantité "harmonieuse" de haricots et de tomates. Ça se fait donc différemment selon qu'on est plus haricots que viande!

Je fais du quinoa avec, plutôt que du riz, c'est plus léger et c'est croquant juste ce qu'il faut. Si vous savez pas ce qu'est le quinoa, filez dans une bonne épicerie ou un Rachel-Berry (si en plus vous savez pas ce qu'est un Rachel-Berry je tiens à préciser que ce n'est pas la soeur de Halle Berry mais une chaine de magasins d'aliments et produits naturels et y'en a même un au coin de Rachel et... Berri, eh oui!)

Comme dessert: ananas frais coupé et en cas de gros coup de blues d'une des filles, on fait une petite fondue au chocolat. Surtout, on ne néglige pas l'aspect revigorant d'un thé parfumé à la fin du repas (thé vert ou blanc à privilégier) ou alors vous faites des ti-ponches! Ça revigorera de même.

Maintenant les choses sérieuses: quand les filles arrivent, je leur apprend à faire une caipirinha. C'est plus sympa que faire le service pour tout le monde et, surtout, si tu donnes une caipirinha à une femme, tu la soûle un soir, si tu lui apprends à faire des caipirinhas, elle pourra se soûler tous les soirs. C'est ça aussi la libération de la femme.

Dans un "tumbler" je mets une lime coupée en 8 (la lime ne se coupe JAMAIS sans avoir été préalablement roulée avec le plat de la main sur sur une surface dure. Ça aide le jus à sortir. Éviter de les rouler sous les aisselles car on va mettre le fruit entier avec la peau....) que j'écrase avec un pilon spécial (vendue avec la bouteille de Cachaça sinon dans tous les bons magasins d'articles de cuisine) et une cuillère à soupe de sucre brun organique (oui, c'est très important qu'il soit organique! c'est plus meilleur pour la santé héhé). J'écrase jusqu'à ce soit plus écrasable, je mets des glaçons, je couvre de cachaça (2/3 pour 1/ de jus de lime) et je remue avec une petite cuillère. Tata!

Attention! La première cachaça se boit toute seule (tu penses, c'est du sucre) et il faut 15min après l'avoir fini pour que le coup de bambou tombe sur la nuque... mais c'est trop tard! on en est déjà à la 2ème et très vite on est déchiré comme un drap de pauvre.

Bon avec ça, elles finiront surement par parler de sexe....

Gâteau chocolat à l'espionne

450 grs de chocolat noir, ½ tasse (1 stick) de beurre et 5 oeufs.

C'est semaine de relâche et y'a rien de mieux que de manger du sucré hyper calorique devant des films.... Inspirée par la trilogie Bourne, je vais me faire un gâteau au chocolat. Et vu que je suis intolérante au gluten, c'est un bon challenge en soi.

Si vous voulez vous gâcher la vie à faire fondre votre chocolat et le beurre au bain marie, c'est votre problème. Je peux attester que faire fondre le beurre et le chocolat au micro-ondes ça marche très bien. Ça fait des années que je reluque un bain marie en cuivre et porcelaine de Williams Sonoma (parce que j'aime bien me la péter de temps en temps) mais on ne peux décemment pas justifier une dépense de 300$ pour faire fondre du chocolat deux fois par an. Si vous choisissez le micro-ondes il faut arrêter toutes les 30sec pour remuer le tout. Le miracle du chocolat qui passe de dur comme du bois à un mélange souple et crémeux rappelle quelque peut la scène entre Jason Bourne et Marie dans l'hôtel parisien mais bref, je divague......

Pendant que le chocolat refroidit, je beurre un moule à gâteau, j'y colle du papier cuisson que je beurre aussi. Ça fait un peu beaucoup de précaution mais c'est à vous de voir si vous voulez manger le gâteau directement dans le moule ou si vous voulez avoir la possibilité de le démouler et le servir sur un plat.

Volet 1- Bourne Identity.
On est échauffés, maintenant faut y aller: séparez les oeufs. Je sais pour beaucoup d'entre nous c'est une opération angoissante, presque plus compliquée que le scénario du premier film de la série.

Plusieurs possibilité s'offrent à vous. Vous pouvez casser chaque oeuf séparément histoire de ne pas contaminer tous les blancs avec un peu du jaune du dernier oeuf (le truc qui énerve). Ou alors utilisez un séparateur d'oeuf vendus chez tous les bons fournisseurs d'ustensiles de cuisines. Ou encore y aller franco et utiliser le creux de votre main pour recueillir chaque jaune. Ça marche mieux que passer le jaune d'une moitié de coquille à l'autre.

Une fois cette délicate opération terminée, vient une autre tâche énooorme...
Volet 2- Bourne Supremacy.
Monter les blancs en neige. Si vous avez un Kenwood (non, pas un copain américain qui s'appelle Ken), vous devriez vous en sortir. Si vous avez même pas un fouet c'est le temps d'aller au Dollarama le plus proche. L'approche McGiver ça marche pas en pâtisserie. Je suis capable de monter des blancs à la main donc tout le monde devrait pouvoir le faire. Faut juste qu'ils soient bien froids. Ne les montez pas trop serrés non plus, on fait pas de la meringue. Mettez vos blancs en neige de côté, puis battez les jaunes et ajoutez les au chocolat-beurre.

Volet 3-Bourne Ultimatum.
Enfin, vient le temps de la 3ème opération délicate: Assembler les blancs en neige avec le reste de la préparation. Là, c'est chacun pour soi. Personnellement, je préfère mettre un peu de préparation de chocolat DANS les blancs, mais certains font l'inverse... Tout ce que je peux dire c'est: allez-y mollo et prenez votre temps! Ce serait dommage de s'être rendu jusque là pour tout abimer au dernier moment et se retrouver avec des oeufs qui retombent en liquide au milieu du chocolat. Eh oui, c'est le risque à courir avec ce genre de recette!

Une fois que vous avez tout fini, vous pouvez vous éponger le front avec fierté, y'a plus qu'à enfourner à 375F/190C. Je sais pas pour combien de temps, surveillez un peu!

Sortez du four dès qu'un cure-dents piqué au milieu sort presque sec. Laissez refroidir complètement avant de découper et servir avec un coulis de framboises. Quoi? Vous savez pas faire un coulis de framboises? Oh beh là! Je vais pas tout vous faire non plus! Chacun ses problèmes.

Ah oui, j'oubliais... j'ai jamais réussi ce gâteau. Il s'effrite misérablement ou alors il tombe au milieu. Donc je le mange toute seule!

"If at first you don't succeed, destroy all evidence that you tried." Boswell D. Rabbitsmith a.k.a. Steve Wright

Les boulettes suédoises de ma grand-mère.

Panne d'inspiration ce soir.... ça doit être la chute du thermomètre. Il est tombé de 2 étages et depuis il est coincé sur -13. Donc il a raison quelques fois par jour mais je ne sais jamais quand.

Ma soeur et mon beau-frère me suggèrent de faire de la cuisine du froid. Allons-y pour du suédois alors.

Voici une recette que je tiens de ma grand-mère qui était suédoise elle-même. Très typique des femmes de là-bas: elle s'appelait Carmen, faisait 1m52 et elle était brune avec la peau matte.

Je n'ai apporté aucune modification car il faut toujours rester fidèle à une recette de famille:
- 500 gram nötkött
- 1 matsked smör
- 4 matskedar finhackad lök
- 1 stor kokt potatis PURÉ krossade
- 3 matskedar fina brödsmulor
- 1 matsked färsk grädde
- 1 ägg
- 1 matsked finhackad färsk persilja
- 2 matskedar smör
- 2 matskedar olja
- 1 matsked mjöl
Smält en liten ugn i 2 matskedar smör.
Lägg lök, koka 5 minuter tills anbudet och öppet, men de är browned.
I en stor pott, placera lök, mosad potatis, bröd smulor, kött, grädde, salt, ägg och persilja.
Mixa tills att få en homogen pasta och fluffigt.
Formulär små bollar 2 till 3 centimeter i diameter.
Ordna dessa bollar på ett bageri facket täcks med ett papper. Reserv i kylen 1 timme.
Försiktigt värme olja och smör i en stekpanna.
Koka dumplings 8 till 10 minuter genom omrörning ofta.

Voilà, ça me paraît clair mais pour ceux qui auraient du mal je vous conseille ce petit film vidéo de mon grand-oncle qui fait une démonstration assez réussi de la recette. Attention! sa version inclut une variation dans les ingrédients, mais vous vous débrouillerez bien.


Bon appétit

La tarte au citron

Une récente étude démontre que les compétences culinaires ne se passent pas nécessairement de mères en filles. Grosse surprise. Les chercheurs ne sont pas allés voir si ça pouvait se passer de mère en fils ou de père en fils. Encore plus grosse surprise. De plus, il semble que les filles trouvent qu'elle cuisinent moins bien que leur mère et ces dernières sont assez d'accord. C'est mal barré pour l'avenir gustatif des générations à venir.

En l'occurrence, chez nous. c'est la mère qui faisait la cuisine. Le père, lui, s'étant découvert cette vocation sur le très tard (il y'a six mois). Comme elle a toujours été atteinte d'un ADD non diagnostiqué, elle a tout essayé, incapable de fixer son attention sur un courant culinaire précis pour plus d'un mois. On a eu une époque traditionnelle: les recettes de la Tante Jeanne et celles de sa belle-mère. Ça c'était sa période bleue.

Après, sa période rose a été teintée d'influence médiatiques bizarres: le régime des pâtes de Macha Méril (j'aime les pâtes, mais franchement trois fois par jour...), la grande cuisine minceur de Guérard, les idées lumineuses de Rika Zaraï et surtout le régime mi Qi-gong, mi-chiant de Michel Oliver, qui, sous prétexte qu'il était passé de l'obésité morbide à un poids santé, s'est senti obligé d'emmerder tout le monde avec un régime contre nature (essayez de bouffer que du poulet au petit-déjeuner et que des légumes le soir et on s'en reparlera).

Là, c'était le début de la fin... Fini les soufflés au fromage, les gratins plein de crème, le porc au caramel, la blanquette de veau, les clafoutis et, surtout, la tarte au citron meringuée qu'on mangeait en entier avant qu'elle ait eu le temps de refroidir. On entamait sans le savoir sa période cubiste: la macro-biotique. Ma soeur et moi en sommes encore traumatisées. Elle posait la soupière sur la table et en sortait une longue algue, épaisse et luisante, avant de nous servir de la soupe au potiron. Depuis, je suis pas capable d'apprécier les sushis et j'évite religieusement les produits de beauté dont l'étiquette vante les extraits marins. Trau-ma-ti-sées!

Heureusement il me reste, dans un fond de tiroir, écrite sur un morceau de papier jauni, la recette de sa tarte au citron meringuée, la meilleure que vous mangerez de votre vie:

Faire cuire à blanc une pâte feuilletée (ou sablée, ça marche aussi). Ça veut dire qu'il faut "précuire la pâte" allez sur http://chefsimon.com/cuirablanc.htm, des petites photos valant mieux qu'une longue explication. Première Moisson a des pâtes congelées qui ne sont pas trop mauvaises mais vous pouvez aussi faire la vôtre: bonne chance!

Séparez les blancs et les jaunes de quatres oeufs (je vous ai déjà expliqué comment faire, consultez vos archives ou alors envoyez moi un twitter @stephaniebaron histoire de vous humilier publiquement parce qu'à votre âge vous avez encore peur de séparer les blancs des jaunes, tsk, tsk).

Pressez le jus de 2 citrons et d'une orange (si vous voulez faire un peu de genre, prélevez et incorporez le zeste d'un des citrons mais personnellement les petits bouts de citron qui croquent sous la dents, beurk). je pousse le vice jusqu'à passer ce jus au chinois (et non, le japonais ou le coréen ça ne marche pas pareil) pour être sûre de pas mettre des tits pépins. Rajoutez 150 grs de sucre et mélangez le tout avant de mettre au bain-marie (finalement ce bain-marie de Williams-Sonoma à 350$, ce ne serait pas un si mauvais investissement...). Il faut mélanger sans cesse et surtout prier pour que ça épaississe. Même si vous êtes athée militant, il faut apprendre à prier en cuisine. C'est pour ça que j'ai une photo de Sainte Rita sur la hotte.

Laissez refroidir puis ajoutez les blancs en neige que vous aurez monté avec un peu de sucre. Versez le mélange dans la pâte et mettez au four à 350 degrés. Sortez quand c'est doré sur le dessus.

J'en entends certains qui me dise.... "mais pourquoi mélanger citron-jaunes avec les blancs en neige?" Ben, parce que faire une espèce de crème épaisse au citron et puis ensuite rajoutez de la meringue dessus c'est plate en titi, comme dirait gros minet. Alors que là, le mélange crème au citron et meringue est subtil, les deux textures se mélangent. Et pourquoi mettre de l'orange avec le citron? Essayez avec que du citron et vous comprendrez pourquoi. Les dents vont vous grincer tellement qu'on vous entendra jusqu'à Chibougamau.

Croyez en ma vieille expérience, ça se mange froid ou chaud, c'est pas important, l'important c'est que ça se mange tout seul.